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samedi 11 septembre 2004 |
Jean Foucher, animateur d'un groupe de réflexion sur le partage harmonieux du milieu rural
Quel était votre objectif en lançant ce groupe de réflexion ?
En septembre 2002, il y a eu un litige près de chez moi, et je me suis rendu compte que le manque de dialogue entre les différents utilisateurs du monde rural était un vrai problème. Il y a des chasseurs, des agriculteurs, des randonneurs, des gens qui font du 4x4, des maires, des écologistes... Chacun de ces groupes défend ses intérêts, et c'est la source de nombreux conflits. Je me suis dit : pourquoi ne pas réunir tous ces gens ? Vu mon âge, je n'avais pas beaucoup à perdre...
J'ai donc coopté 13 personnes ayant des responsabilités dans le milieu rural. À aucun moment, je n'ai eu de refus : c'est bien le signe qu'il y a un besoin !
Le cercle de réflexion que nous avons formé n'est pas une association, nous n'avons pas d'argent, c'est une structure complètement informelle. Nous nous réunissons tous les deux mois, autour d'un casse-croûte que nous organisons chacun notre tour. Les réunions sont conviviales, il n'y a pas de patron, la seule règle, c'est : "on respecte les hommes, on respecte les idées". Les personnes qui parlent sont en dehors du milieu qu'elles défendent habituellement et tout le monde s'entend.
Mais il ne s'agit pas seulement de discuter : l'objectif est d'apporter des idées.
Où en êtes-vous aujourd'hui ?
Nous avons commencé avec la chasse, qui pose problème à tout le monde : il est vrai qu'elle a mauvaise presse, tellement il y a eu d'abus ! Mais on s'est vite rendu compte qu'il y avait d'autres problèmes : avec les randonneurs, les 4x4, tout le monde a senti qu'il fallait faire un effort. La présence d'enseignants nous a été profitable : il faut que les jeunes soient sensibilisés à tous ces problèmes ruraux.
Très rapidement, nous avons eu des résultats. Un problème nouveau s'est posé : à qui donner les idées ? J'ai contacté un député qui m'a dit qu'il n'était pas possible de faire parler des chasseurs et des écologistes ensemble. Alors que c'était précisément ce que nous faisions !
Il fallait trouver un moyen par lequel faire passer nos idées. L'occasion s'est présentée un an après le lancement du groupe, lorsque j'ai lu un article sur l'Élan Nouveau des Citoyens, une association dont le but est justement de faire parvenir aux politiques des idées élaborées sur le terrain. J'ai aussitôt contacté le secrétaire général, Philippe Rodet, qui m'a proposé de nous associer à l'Élan, ce qui est aujourd'hui une réalité.
Nous nous sommes donné encore un an de travail. Après, nous aurons fait ce que nous pouvons...
En dehors de ces objectifs de long terme, constatez-vous des améliorations concrètes ?
Le premier résultat, c'est qu'on ait réussi à faire parler tous ces gens entre eux ! Moi-même, j'ai changé mon attitude : avant, si je chassais dans une allée et que je croisais des randonneurs, je pestais. Depuis, je leur dis bonjour, je leur souris et ils me répondent. C'est un petit détail qui change tout !
Propos recueillis par Emmanuel Froissart