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lundi 15 décembre 2003

Des citoyens veulent peser sur les politiques

Une association, dénommée "l'Élan Nouveau des Citoyens" veut faire remonter les idées et les projets des citoyens vers "la France d'en-haut". Avec pour parrains Jean-Loup Chrétien et Jacqueline de Romilly, elle cherche à s'étoffer dans la région Rhône-Alpes.
        Au mois de novembre dernier, "l'Élan Nouveau des Citoyens" enregistrait sa 800è adhésion. Pas de quoi sauter au plafond. Mais pas si mal pour une association dont le but avoué est de faire cogiter ses adhérents pour le bien commun. Philippe Rodet, un médecin urgentiste et secrétaire général de l'association, prévient d'ailleurs qu'il "met au travail les nouveaux venus". Et la tâche ne manque pas pour "l'Élan" créé en mars 2001.
        "L'association est née d'un sentiment largement répandu parmi les citoyens : leurs idées, leurs réflexions, leurs souhaits ou préoccupations sont ignorés par les acteurs de la vie politique" explique Philippe Rodet, à l'origine de la création de cette association, "J'ai pris contact avec cinq personnalités, trois m'ont dit oui" raconte-t-il. Jean-Loup Chrétien, spationaute, Jacqueline de Romilly, helléniste, membre de l'Académie française et Marcel Boiteux, président d'honneur d'EDF acceptent de parrainer l'association dont le but déclaré est "de faire participer les citoyens car la politique n'est pas que l'affaire des spécialistes " mais aussi de "mobiliser un capital humain" en constituant des groupes de travail dans les principaux domaines dont relèvent les enjeux majeurs de la société.
        Ces commissions de citoyens s'organisent en réseaux locaux, soit au niveau d'une région, d'une ville ou d'un département. Vendredi, Philippe Rodet était à Lyon pour étoffer le réseau rhonalpin. "Nous comptons une soixantaine de personnes dans la région" a-t-il indiqué. Il s'agit, pour nombre d'entre eux, de jeunes retraités très impliqués dans les questions de société. Mais pas seulement. "Nous avons aussi des jeunes et même un pôle qui regroupe les moins de trente ans".
        Parmi les projets étudiés : la délinquance juvénile et la création de centres de rééducation (dont se serait inspiré le gouvernement), la réforme de l'État (qui aurait séduit Jérôme Monod, le conseiller de Chirac et été utilisée par Jean-Paul Delevoye), les retraites et l'idée d'une TVA sur les importations pour payer une partie des retraites. "En Bretagne, on a organisé des échanges entre collégiens et pensionnaires de maisons de retraite" raconte Philippe Rodet qui voudrait bien voir ce parrainage entre jeunes et anciens développé. "Tous les projets doivent être applicables. Lorsqu'ils sont proposés, ils sont amendés par des spécialistes de l'Élan, puis promus par les personnalités".
        Les responsables de l'Élan s'interdisent tout financement public et tout engagement politique. "Cela condamnerait notre projet et tuerait l'Élan" observe Philippe Rodet, "nous n'avons pas de doctrine mais de l'affection pour notre pays, nous partageons des valeurs qui se situent entre liberté et morale". Pas d'engagement partisan mais "un certain pourcentage de membres qui ont des convictions gaulliennes, libérales et sociales".

E.CH.