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dimanche 24 décembre 2006

L'article, sur les pages consacrées à  Vitré

Familles

"Je voyais son sourire et ses yeux qui brillaient..."

        L'association "l'Élan nouveau des citoyens" a choisi de récompenser le témoignage de Josiane Kerscaven, 15 ans, lycéenne à Landivisiau (Finistère).

        "Inviter les jeunes de 13 à 15 ans à témoigner d'actes de solidarité réalisés par d'autres. Des actions simples, synonymes de générosité." L'appel a été lancé par Jacqueline de Romilly, de l'Académie française et l'association "l'Élan Nouveau des Citoyens". Il était soutenu par plusieurs partenaires dont Ouest-France, la chaîne LCI et le site MSN. Plusieurs centaines de témoignages ont été recueillis. Une dizaine d'entre eux ont été sélectionnés par le jury. Le premier est celui de Josiane Kerscaven, 15 ans, de Guiclan, dans le Finistère. Elle est en seconde au lycée Saint-Esprit de Landivisiau.

        "On ne montre aux gens que le côté négatif du monde. Et je suis sûr qu'il y a autant de bonnes choses que de mauvaises. Je trouve qu'on ne sait plus admirer le monde tel qu'il est. Des actes de générosité, on pourrait en citer, comme ces personnalités ou des personnes inconnues qui aident les populations d'Afrique, ou d'autres grands actes. Je ne dis pas que c'est mal, au contraire. Ce que je veux souligner, c'est qu'on peut trouver la misère en bas de chez soi, comme par exemple le SDF qu'on croise tous les matins. Je voudrais vous parler d'une personne qui m'a touchée. Une adolescente de mon âge, que je connais ou plutôt que je croyais connaître. Je lui avais proposé de faire les boutiques un samedi après-midi. Elle me répondit qu'elle avait déjà quelque chose de prévu. Je lui demandai si je pouvais l'accompagner, elle accepta mais me dit que ça ne me plairait pas. Donc, ce samedi, je l'ai accompagnée à son rendez-vous mystère et, là, je constatai avec surprise que nous allions à la maison de retraite rendre visite à une personne âgée.

        Il s'appelle Louis et il nous raconta sa passion des bateaux. Je voyais son sourire et ses yeux qui brillaient. Il nous montra même un bateau qu'il avait construit et qu'il n'avait jamais vu sur l'eau. Et là, j'eus un pincement au cœur et je demandai à mon amie si on ne pouvait pas l'amener au parc. Il y avait une grande mare et ça ne lui ferait pas de mal de prendre l'air. Il était si content, et même fou de joie. Nous arrivâmes au parc et il s'amusait avec son bateau téléguidé à faire fuir les canards, il faisait la course avec les autres bateaux. Je me tournai vers mon amie et lui dis qu'il se souviendrait de cette journée. Elle me regarda tristement et m'expliqua qu'il avait la maladie d'Alzheimer et donc demain il aurait sûrement tout oublié. Nous dûmes le ramener et il nous remercia pour cette journée. Avant qu'on ne se quitte, je dis à mon amie que c'était vraiment super ce qu'elle faisait. Elle me dit que Louis est son grand-père mais qu'il ne s'en souvenait plus, comme toute une partie de sa vie, et qu'elle trouverait trop triste de le laisser mourir seul. J'eus honte de moi qui pensais faire les boutiques en ne pensant qu'à moi alors que j'avais passé un bon après-midi. Et que j'avais fait un heureux !"