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jeudi 3 novembre 2005 |
Planète citoyenne
Un principe simple : l'échange de courrier régulier entre un jeune en difficulté et un adulte.
Philippe Rodet, médecin urgentiste de 45 ans, voit souvent des jeunes en dérive lors de ses nuits de garde. "Je parle avec eux, de leurs intérêts, de leurs désirs d'avenir... Ils me disent : "Personne ne me parle comme ça". Je leur laisse mon adresse en leur suggérant de m'écrire. Et au fil des correspondances, je les ai sentis changer".
Cette expérience a donné naissance à l'association "Fraternité, j'écris ton nom". Avec un principe simple : l'échange de courrier régulier entre un jeune de 12 à 20 ans en difficulté et un adulte. L'ado a un second correspondant dans un pays francophone (Algérie, Cameroun, Congo, Maroc, Sénégal...). Et, malgré les parcours différents, des liens se tissent. Les associations qui servent de relais auprès des jeunes (centres sociaux, équipes d'insertion, clubs sportifs...) sont étonnées des résultats. "J'ai vu s'épanouir une adolescente de 15 ans, déscolarisée, dépressive", se réjouit Claudine Fischer, directrice de la MJC de Cirey-sur-Vezouze (Meurthe-et-Moselle). En voyant ses copines écrire, elle a voulu participer à l'opération. "Quand on lui a dit "oui ", j'ai vu pour la première fois, une flamme dans ses yeux". Elle correspond maintenant avec un prof de philo et un enfant du Sénégal...
Des jeunes parlent à leur correspondant de sujets qu'ils n'abordent pas avec leurs parents. Des enfants de banlieue découvrent que la vie au Burkina-Faso n'a rien à voir avec la leur et se déclarent prêts à les aider. Les regards changent. À l'heure des SMS et d'Internet, et en sachant que, pour ces ados, écrire exige un effort, c'est plutôt réjouissant.