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jeudi 27 octobre 2005 |
Initiative
Une association encourage le dialogue entre adultes et jeunes en difficulté via une correspondance régulière
Céline est "comme une petite-fille" pour Monique, Monique est "comme une branche" à laquelle Céline s'est accrochée. Dans les courriers qu'elles échangent, elles parlent de l'école, des amis, des petits copains qui défilent, de shopping et de marche. Cette relation improbable entre une retraitée de Limoges, sans enfant, et une jeune fille de 14 ans en manque d'affection de la banlieue rouennaise est née grâce à l'initiative de l'association "Fraternité, j'écris ton nom". L'idée : mettre en contact un jeune en difficulté, repéré par les associations, et un adulte, volontaire, pour engager une correspondance régulière - un courrier par mois au minimum.
Cinq-cents couples épistolaires sont ainsi nés depuis le lancement de l'opération, en février, et un rassemblement est prévu, le 9 novembre, dans une petite commune de Meurthe-et-Moselle, pour faire connaître la démarche et recruter de nouveaux parrains. Leurs missions : encourager l'adolescent, relativiser ses angoisses, lui lancer un message d'optimisme.
"Dans le cadre de mon métier, j'ai rencontré des jeunes en détresse morale, qui avaient fait une tentative de suicide ou avaient un problème d'alcool", raconte Philippe Rodet médecin urgentiste, à l'origine du projet. "Je leur ai proposé de m'écrire. Cela ne me semblait pas grand-chose, mais j'ai été surpris par l'effet positif de cet échange."
Quand elle a commencé à dialoguer avec une prof de philosophie, Camille avoue avoir ressorti les dictionnaires et revu ses conjugaisons. "Mais c'est pour la bonne cause, s'amuse cette jeune fille de 16 ans. Avec elle, je peux parler de tous les sujets plus librement, j'ai plus de facilités à m'exprimer." En parallèle, tous les jeunes sont invités à correspondre avec un jeune Africain, pour aller à la rencontre d'autres cultures et valoriser leur côté humanitaire. Camille projette déjà de participer, l'été prochain, à un chantier en Afrique.
Natacha Czerwinski